Partager l'article ! Lundi 3 août – mardi 19 août: Cette quinzaine de jours en ville ne sont pas très passionnants. Nous avons beaucoup circulé dans la ville à ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Cette quinzaine de jours en ville ne sont pas très passionnants. Nous avons beaucoup circulé dans la ville à la recherche des prix du matériel qu’il nous faudra acquérir : réserve d’eau, téléphonie pour les zones rurales, motos, tronçonneuses, débroussailleuses, frigos à gaz, panneaux solaires, et tutti quanti. Les rendez-vous avec les vendeurs se sont succédés. Il n’est pas toujours aisé de faire comprendre que la signature d’un contrat de vente ne se fait pas à la légère. Nous sommes passés pour des emmerdeurs en demandant des garanties sur l’achat de la propriété. Ici, rien ne ressemble à ce que nous connaissons dans notre France très rigoureuse en matière d’achat et de vente. Tout d’abord on ne signe pas devant un notaire mais c’est un contrat privé qui est ensuite enregistré par un office notarial légalisant ainsi les signatures. Les subtilités de propriété sont telles que l’on peut acheter une terre sans en être propriétaire (donc méfiance !). On peut être possesseur de cette terre, y vivre, la faire « fonctionner », en avoir la jouissance totale sans pour autant en être le propriétaire. Il faut être vigilant sur la teneur des papiers présentés par les « propriétaires » qui peuvent très bien ne pas l’être !!!! (vous me suivez ???) Nous avons consulté notre avocat. Au fur et à mesure de nos rencontres, nous avons eu du mal à comprendre ses positions. Ou plutôt nous commençons à entrevoir le loup qui se cachait dans la bergerie. Il y a quelques mois, il était assez confiant sur la qualité des papiers présentés par les proprios. Puis son discours est devenu plus sec, nous recommandant méfiance, il nous a mis en garde contre le fait qu’on pouvait se faire entuber profondément sans aucun recours. D’autre part, nos vendeurs nous assuraient la légalité et l’authenticité des papiers. Ce qui nous rassure aussi c’est que le fils du vendeur, qui se charge de la vente, est une personne très importante à Santa Cruz car il est juge (vocal pour les connaisseurs en matière de droit bolivien, ce qui revient à quelque chose équivalent à juge de la cour de cassation, un truc dans le genre…) et que ce monsieur serait radié en cas de poursuite au pénal ou au civil. Je ne crois donc pas qu’il s’amuserait à jouer ce jeu dangereux pour les beaux yeux de ses parents ! Nous sommes allés consulter d’autres avocats, plus culs bénis que la moyenne nous demandant si on croyait en dieu et tout le toutim, toujours prêts à vous vendre une autre propriété que celle pour laquelle vous leur demandez des conseils. Puis au détour de nos balades, nous nous sommes décidés à faire un tour au consulat de France. Mais pourquoi n’y sommes-nous pas allés avant ???.........
Très bien reçus par une secrétaire parlant bien notre langue, c’est déjà un soulagement, elle nous a donné l’adresse de l’école française de la ville. Je souhaitais rencontrer le directeur pour en savoir plus sur le boulot au sein de cette école et les modalités d’inscription pour Camille. Nous lui avons posé la question à deux pesos concernant la nationalisation de notre Titine. Aussitôt elle a attrapé son téléphone et nous a mis en contact avec Nelson, président de la chambre de commerce de la ville et intermédiaire pour le consul (absent en ce moment). Les gris-gris d’Isa commencent enfin à agir car ce cher Nelson est aussi avocat ! Eric a pu lui parler directement du bureau du consulat et a obtenu un rendez-vous dans les meilleurs délais avec lui. Lors de notre première rencontre nous avons trouvé un homme sympathique, souriant et parlant français quasiment sans accent. Nous lui avons exposé nos inquiétudes quant aux risques d’acheter cette propriété. Un coup de téléphone plus tard, nous avions un rendez-vous avec son copain Carlos, avocat spécialisé dans ce genre de transaction et ayant des connaissances au service de nationalisation des véhicules ! Nous avons été reçus par un grand gaillard, plutôt blond (rare chez les boliviens !), ne parlant pas un mot de français mais sachant se faire comprendre et attentif au contenu de mon baragouinage. Dans un grand sourire, il nous a demandé de réunir le maximum de papiers concernant la terre (promise… non, ça y est on a été contaminé par les avocats prêcheurs !!!) et nous a bien dit qu’il ne nous donnerait une réponse que lorsqu’il aura fait toutes les démarches utiles pour vérifier l’authenticité des papiers. Ensuite seulement il étudiera le contrat rédigé par notre juge-vendeur puis nous donnera le feu vert si tout est en ordre, augmentant ainsi les garanties de non arnaque ! Pourquoi notre ancien avocat n’a jamais commencé ces démarches ? Pourquoi n’a-t’il jamais cherché ce qu’il fallait pour faire avancer les choses ? Réponse : nous pensons que la commission qu’il a négociée auprès des vendeurs était trop grosse et que sa politique a été de saborder l’affaire parce qu’il n’y trouvait pas son compte ! Il n’empêche que si ce travail avait été fait en décembre dernier, que les papiers sortent dans 15 jours et que Carlos nous donne son feu vert, nous aurons perdu près de 9 mois dans cette affaire. Ca fait beaucoup en vaches !!!!! Du coup nous avons préféré quitter la ville et repartir sur Trinidad avant que je rentre en Guyane. Avant de partir nous avons rencontré les parents du juge, qui nous ont reçus dans leur maison à la sortie de la ville. Eric a pu discuter avec le papy ( un peu dur de la feuille) et engranger un maximum d’informations concernant la propriété, les animaux en général, l’histoire de cette terre. Intarissable l’ancêtre ! Nous sommes restés 3 heures en leur compagnie, autour d’une collation (évident, non ?) à écouter toute leurs anecdotes, leurs conseils. Ils nous ont redit qu’au moindre souci, au moindre doute, il fallait les appeler, ils sont à notre entière disposition et qu’ils peuvent même faire les 250 km qui séparent leur ferme actuelle de la nôtre pour donner un coup de pouce. Des gens réellement charmants, simples et travailleurs. Ce monsieur est un véritable puits de sciences en matière d’élevage, une encyclopédie du travail de la terre. Saviez-vous qu’en fonction de la température de l’oreille d’une vache piquée par un serpent, on peut ou non lui administrer un médicament pour la sauver ? Bah ça ! Il va nous en falloir des années pour apprendre ! Ce qui me plaît aussi chez ces personnes c’est qu’elles n’ont pas le culte du secret : un savoir ça s’offre, ça se transmet, c’est une autre manière de donner la vie. Merci à tous ceux qui partagent leurs savoirs sans en attendre rien.
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