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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 00:38
Après une toilette énergisante, un petit déjeuner au bord de la route fait de galettes de viande et de salteños (genre de chaussons fourrés à la viande et aux légumes en sauce), un jus de fruit, nous faisons quelques achats en prévision de la journée « cul dans l’eau ». Le vent est plutôt fort ce matin, il soulève le sable et la terre dans tout le village, s’insinuant partout. Aux infos, une tempête tropicale est annoncée sur Santa Cruz et de la neige est tombée sur la combe entre Cochabamba et La Paz. Pas très encourageant pour les pauvres guyanais tropicalisés que nous sommes. Quoiqu’il en soit, nous, nous suivons les conseils de notre masseur préféré et allons apprécier les délices de la médecine douce en eaux chaudes qui paraît-il soulagent des douleurs de dos et autres rhumatismes. Il n’y a que 31 km pour atteindre ce petit bout de paradis. Nous pénétrons dans le site et nous acquittons des 2 bolivianos (0,20 euro) par adulte. J’avais envisagé de m’installer sous un carbet muni d’une table et de chaises pour pouvoir continuer mes écrits et donc j’ai emporté l’ordi avec moi. Mais… car là, il y a un os…de taille ! Les 3 carbets sont envahis par des tentes igloo appartenant à une communauté de Mennonites en vacances. Pour ceux qui ne connaissent pas cette communauté, je ne peux que vous recommander d’aller voir sur internet un site plus renseigné que je ne le suis, d’autant plus que vous pourrez voir des images de ces personnages pour le peu…particuliers. Mais je vais quand même me faire le plaisir de donner quelques impressions et réflexions personnelles. Donc, quand nous sommes arrivés, nous avons cru avoir malencontreusement appuyé sur le bouton « back to the future ». Une chute vertigineuse dans le monde de « la petite maison dans la prairie » en pire ! Tous les hommes portent des salopettes noires, des chemises à manches longues retroussées, petits garçons y compris, une seule coiffure : cheveux courts et la raie sur le côté (gloups !) et pour masquer cette horreur, un chapeau (celui de Charles Ingalls !). Les femmes sont vêtues de robes à fleurs de couleur assez moche avec manches ballon et col Claudine, robe, sous laquelle elles portent une combinaison ou un jupon de coton blanc (de loin !). Caroline Ingalls version teutonne… (car cette communauté est d’origine et de langue allemandes) est loin d’avoir la silhouette sylphide du feuilleton. Hildegarde, Birgit, Anete, Frida et toutes les autres se laissent aller aux joies de la baignade. Rien de plus normal me direz-vous, sauf qu’elles sont toute habillées ! Elles se mouillent et s’arrosent les unes les autres, se lavent les cheveux (sans shampoing et sans défaire leur tresse). Elles parpotent chentiment dans la rivière. Eric et Camille vont profiter du lieu à leur tour. Je reste un moment à lire au bord de l’eau tout en observant discrètement cette bizarrerie. Camille vient me chercher pour que j’aille aider Eric à discuter avec un type qui se baigne également dans le cours d’eau chaude. J’ôte ma robe et me dirige vers eux. Je m’asseois dans l’eau également salue poliment le jeune homme. Visiblement, je dérange… Contre toute attente, l’homme est un mennonite et, je pense, il est gêné de voir une femme en maillot de bain ! Au bout de quelques minutes, il achève sa discussion et retourne au bord. Arrive alors Nelly…l’œil mauvais, elle parle à Gunter qui a l’air tout penaud, elle me regarde comme si j’étais un suppôt de Satan. Peut-être ne sait-il pas que les maillots existent, du coup, elle l’engueule de lui avoir encore offert un tablier de cuisine pour la dernière fête des mères. Je retourne me reposer sous les arbres près de la voiture. Une heure passe et je m’installe confortablement dans le coffre ouvert de Titine. Je sors l’ordi et m’attèle à la dure tâche de rédiger un peu nos aventures. Comme une bouse fraîchement sortie du cul de la vache attire les mouches, je me suis trouvée entourée de toute la troupe féminine mennonite. La famille Ingalls accompagnée de Nelly la vilaine (les – 30 ans ne peuvent pas connaître…) me dévisage (j’ai remis ma robe pourtant…), le troupeau me reluque, s’approche, m’espionne avec une discrétion sans commune mesure. Quel est cet étrange instrument qui trône sur ses genoux ???? Encore une invention diabolique ? Une d’entre elles s’approche de moi et, me désignant la glacière, me demande si j’ai de la glace….Est-ce que j’ai une tête à sucer de la glace ???!!! Non, non, lui répondis-je. Puis elle s’éloigne un peu. Ses congénères continuent de me mater en coin. Commencent à me gonfler les germaniques bolivianisées. La tenancière du lieu, une bolivienne bien du cru, cependant sans la jupe ni le chapeau, déboule avec sa brouette remplie de glacières dans lesquelles attendent des « floups » maison, des boissons et autres choses fraîches. Toutes gaillardes, nos fermières d’un autre siècle se jettent sur les floups goût citron et ananas. Elles s’esclaffent, minaudent, ricanent, gloussent, toujours vêtues de leur robe fleurie et trempée. Enfin elles vont me ficher la paix ! Sur les coups de 13H00, une autre brouette poussée par une autre bolivienne arborant un sourire ravi (moi perso j’aurais fait un procès à mon dentiste et à mon vendeur de dentifrice…quoique ce doit être plus simple pour une brosse à dents de viser le seul et unique croc ! Le plus difficile est de trouver une brosse à poil unique… !). Trêve de connerie ; Juanita donc, propose une fricassée de tatou aux baigneurs intéressés. Le chef des Mennonites, le papy, débarque placidement bras dessus bras dessous avec Gertrude (prononcer Guertroudeu pour les non germanophones !), s’approche de la brouette et se fait interpeller par Juanita qui lui sort bien fort : « Eh ! Mennono, tu aimes le tatou ? » Puis part dans un éclat de rire tonitruant repris en cœur par ses copines alors que Dieter s’écarte et reprend son chemin. J’en ai conclu que cette communauté ne mange pas certaines choses. J’ai essayé de trouver des renseignements concernant les mennonites mais n’ayant pas toujours la facilité de connexion, je n’en sais pas plus sur leurs mœurs et habitudes alimentaires. Ce sera l’objet de recherches amusantes et instructives pour mes longues soirées d’hiver… Reconnaissables à 100 mètres, ils conduisent des carrioles de bois tirées par un cheval et franchement la famille Ingalls paraît 10 fois plus évoluée !!!! Je n’ai qu’une chose à leur dire, la seule qui me soit restée de mes 4 années d’allemand au lycée : « Auf wieder siehen »! Eux étaient encore là pour 10 jours, de vacances. Au moins, moi, je n’ai pas perdu mon temps : j’ai réussi à écrire 4 pages dans l’après midi !!!! Au retour, nous avons profité de la douche chaude pour nous débarrasser du sable de la rivière et pour soulager nos vessies. Vous savez qu’il est très intéressant de toujours partir en vacances avec son plombier ? La preuve en est que dans notre chambre – 15 * quand la chasse d’eau a décidé de ne plus s’arrêter de se remplir et de vider son trop plein dans la salle de bain, notre plombier maison a grimpé sur le chiotte et a remédié à la fuite. Non sans mal, dans un concert de grossièretés et une suée non prévue. A l’issue de cet interlude « les petits travaux de chez soi », nous sommes allés nous restaurer sur la place du village puis avons terminé la journée au chaud sous la couverture de nos lits.
Par Youna
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