Partager l'article ! Lundi 20 juillet: Debout les gars réveillez-vous, la Bolivie est juste au bout ! Le chemin vers l’ouest est ouvert. Et tout vert. Nou ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Debout les gars réveillez-vous, la Bolivie est juste au bout ! Le chemin vers l’ouest est ouvert. Et tout vert. Nous arrivons dans cette partie du Brésil appelée le Pantanal. Des marais, des marais et des marais. Une petite chaîne de montagnes en plein milieu, des oiseaux en pagaille, des bus de pêcheurs, des caïmans (dont un a fini sa vie sur le bas côté de la route, dévoré par un rapace que nous avons dérangé pendant son petit déjeuner) et nous avons assez vite imaginé les milliards de moustiques qui doivent pulluler au mètre cube ! Pas pour nous ce coin ! Au loin se dresse une montée, comme un dos d’âne géant dont on ne voit que la montée. C’est tout simplement le pont qui relie une berge à l’autre de ce bras marais monumental. Une structure colossale. Au bout dudit pont, un péage. Des français seraient-ils venus donner des conseils sur l’art et la manière de financer, ad vitam aeternam, un ouvrage d’art qui est payé depuis des années mais qui sert de vache à lait à l’état ? (voir nos autoroutes…). Nous nous acquittons de la taxe de passage et approchons de Corumba. Il est 13H00 et la frontière est à une poignée de sable. Nous pensons à grignoter un morceau, pas grand-chose d’intéressant dans le quartier. Nous nous dirigeons vers le poste frontière. Dans peu de temps nous serons là-bas !!!!! La police fédérale nous fait signe de passer. C’est étrange. Il nous faut absolument les tampons de sortie des passeports et du véhicule… Eric va demander au poste. Evidemment… le bureau de la policia federal de la imigracion est en centre ville, pareil pour la voiture ! Demi-tour. Et cherche dans cette ville sans indication les bureaux qui te concernent sachant que pour faire caguer les gens ils les ont planqués au détour de petites rues à sens unique(!), que si tu la loupes, la rue qui t’intéresse, tu te refarcis un tour de manège gratuit, avec le concert de klaxons qui accompagne tes hésitations et tes fébrilités. On en trouve un ! YES ! Pour le deuxième il faut aller à la gare routière. C’est facile à dire… mais on a trouvé quand même. Le niveau du réservoir de la voiture est plutôt bas mais le chauffeur annonce que nous ferons le plein de l’autre côté, ce sera moins cher. Direction la frontière ! Bolivie nous voilà ! Nous garons le véhicule et allons dire bonjour aux gentils messieurs du bureau de la imigracion. Adorables mais un peu feignasses sur les bords et moyennement organisés : tu remplis les feuilles vertes, mais il n’y a qu’un stylo, pas chaise pour s’asseoir et écrire correctement dans les cases, donc c’est en équilibre sur le bord d’une table que je fais mes trois pages d’écriture. Ils ont été surpris de voir autant de tampons sur nos passeports et particulièrement sur celui d’Eric qui, à lui tout seul, pèse au moins 1kg d’encres multicolores. Ils nous souhaitent la bienvenue de leur sourire édenté pour l’un et doré à l’or fin pour l’autre. Nous allons alors au bureau des douanes pour enregistrer Titine. Le douanier est sorti. Nous l’attendons dehors. Arrive enfin le monsieur en question flanqué d’un transporteur et de sa liasse de papiers sous le bras. Il nous regarde de travers et s’enquiert de ce que nous voulons ; il nous demande de faire des photocopies des papiers d’entrée sur le territoire, etc. Ca va, ce n’est pas trop compliqué et en plus il y a une boutique de photocop juste en face (à bien y réfléchir, notre douanier doit avoir des actions dans le renouvellement de la cartouche d’encre !). Une fois ceci fait, il essaie de nous faire entrevoir qu’avec une « aide » nous pourrions obtenir une autorisation de 3 mois au lieu d’1. Puis il veut voir le véhicule…bad weather for the flys ! Je crains le pire. Ca sent la tentative d’extorsion de brouzoufs. Nous faisons les idiots qui ne comprennent rien ; une bonne heure plus tard, nous obtenons enfin ce que nous voulions, pas lui ! Direction Puerto Suarez. Nous commençons par retirer des sous pour pouvoir payer le carburant nécessaire à la poursuite de la route. Pas de station dans la ville. Nous revenons sur nos pas. Les 2 stations du bord de route sont en rupture de stock. Demain vers 10H00 elles seront livrées. Non, nous n’allons pas rester ici ! Nous retournons au poste frontière. Je vais demander aux charmants messieurs de l’immigration s’il nous est possible de repasser en sens inverse pour faire le plein. Dans un grand sourire, le jefe me confirme que c’est possible et en rigolant il me dit qu’un coca en retour serait le bienvenu ! Culotté les mecs, tout est bon pour obtenir un petit quelque chose ! Pendant ce temps, Eric a demandé à un gars s’il connaissait un coin pour faire le plein. « Allez à la zone franche, il y a un surtidor » (station essence in spanish in the text). 4 km verss l’intérieur de la ville nous découvrons une enfilade de voitures et camions de tout poil ; deux files se sont formées : gazolina y diesel. Nous nous glissons dans la rangée diesel. Le rythme d’avancée s’apparente à celui d’un escargot sous lexomil. La zone franche est composée de boutiques duty free, dont le seul intérêt est l’achat d’alcool. Pour le reste, c’est aussi cher qu’ailleurs. A part peut-être le carburant. Il est presque 18h00 quand notre Titine franchit le seuil de la station suivie d’une autre voiture. Le garde ferme alors le portail ! Ouf, c’était moins une ! La nuit est tombée. Le Pantanal Bolivien n’est pas exempt de moustiques ! des monstres voraces se précipitent sur nous en patrouille serrée, enchaînent attaques franches et piqûres sournoises. Ce ne sont pas des moustiques de taille normale, on dirait un croisement entre un moustique obèse et un hélicoptère de la gendarmerie (il t’attend là où toi tu ne l’attends pas), bref, des « sergent Garcia » de la gente moustique. La jeune femme qui sert le picotin de Titine prépare la facture et s’arrête, hésitante. Elle doit noter le numéro de plaque du véhicule…et augmenter les tarifs pour les étrangers ! Juste X 2 ! Mais, allez savoir pourquoi, elle nous annonce qu’elle ne fera pas de facture et qu’on peut partir ainsi, mais vite ! Sympa la fille. Nous quittons Puerto Suarez et filons tout droit vers Robore. Nous savons qu’il Y a des petits hôtels pas trop chers et que demain nous irons aux aguas calientes (prévues pour aujourd’hui je le rappelle !). Il fait nuit noire, notre chauffeur se sent bien et se prépare à avaler les 170 km qui nous séparent du dodo. Je m’assoupis à ses côtés. Camille entame sa nuit sérieusement. Je me réveille en sursaut dans un grand bruit de frein et une petite embardée de Titine. Au milieu du bitume deux ânes se promènent, ils n’ont pas mis leur gilet fluo et sont invisibles dans le noir ! Eric les évite donc de justesse. Je ne peux pas me rendormir, mon cœur bat la chamade, mes mains tremblotent. On ouvre grand les yeux. Ce n’est pas inutile : des vaches prennent le frais quelques km plus loin comme des adolescentes hilares et insouciantes, papotant et cancanant de n’importe quoi et n’importe où. Malgré les coups de klaxon elles ne bougent pas d’un poil, pis (excellent, non.!?), elles nous regardent passer, les éviter, en haussant les épaules. Ah les vaches ! Nous arrivons quand même à bon port vers 20H30, après avoir tourné et viré dans les rues sombres sans indication (est-il encore nécessaire de le préciser ?...). Nous nous installons à l’hôtel San Martin, dans une petite chambre typique de la Bolivie profonde. Pour vous donner une idée de l’ambiance : on se croirait chez une vieille mamie, fan du crochet et du tricot, de l’art iconoclaste, de la Vierge Marie qui nous bénit au dessus de notre lit (c’est peut-être pour dissuader les ardeurs romantiques des hôtes…), la télé et sa célèbre télécommande qui permet de choisir entre les deux chaînes reçues dans le coin, le petit bouquet de fleurs en tissu made in china avec ses gouttes de rosée en plastique sur les pétales pour faire plus vrai (frais), de celles que l’on réserve à la Toussaint pour une vieille tante au menton poilu qui nous forçait à manger des épinards et du foie de veau.. Pas de petit déj’, pas d’internet. Bon, pour 15 euros par nuit pour nous 3, il ne fallait pas demander plus. Pas de savon non plus, mais là la technique du « on ne sait jamais, ça peut servir » est tout à propos et des savonnettes sorties illégalement du pays voisin jaillissent de la trousse de toilette. Une petite pause roborative et retour au paddock, la litière est propre c’est l’essentiel. Demain, c’est sûr, nous nous détendrons aux eaux chaudes, dans la douce tiédeur ambiante et le calme du lieu peu fréquenté.
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