Partager l'article ! Dimanche 12 et lundi 13 juillet Macapa-Belem: Dimanche 12 juillet Voilà une bonne journée qui commence : petit déj’ pantagru ...
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Dimanche 12 juillet
Voilà une bonne journée qui commence : petit déj’ pantagruélique. Bon, la petite touche négative c’est que la clé de la porte de chambre est restée coincée dans la serrure. Après avoir l’estomac plein, on ne résiste pas à l’appel du lit ou du livre. La journée se résume en deux mots : miam-miam, dodo. Pas mal non ? Camille qui n’avait quasiment rien avalé depuis le petit déjeuner de samedi matin (potron-minet) s’est englouti un bon casse-croûte, puis a enchaîné par un misto de viande à midi et le soir a juste eu envie de picanha, riz, coco à l’eau, salade composée, a poursuivi par une barquette de frites qu’elle s’est empressée de finir pour terminer par une glace maracudja. Un bon gros dodo par là-dessus à la fraîcheur de la clim, entortillés dans des draps qui sentent bon l’adoucissant et le propre.
Lundi 13 juillet
Bon pied bon œil, les objectifs de la journée sont fixés et en premier lieu nous devons aller chez le concessionnaire Nissan pour trouver une barre de direction afin de choyer Titine, « qui veut aller loin ménage sa monture ». Primo : douche et petit déj’ (va expliquer en portugnol que ta douche ne produit plus d’eau chaude)…. maman j’ai mal au ventre…, secundo : la voiture direction et jante de remorque à redresser (va expliquer en portugnol que ta clé est encore coincée dans la serrure…); maman j’ai envie de vomir…, tertio …….pas de tertio Camille vient de vomir au milieu des toilettes, oui au milieu pas dedans ! (va expliquer en portugnol que ta gamine vient de recrépir le carrelage des toilettes près de la piscine…et que son petit déjeuner trône près du trône…) Que d’aventures ! Il est 9h30 et nous sommes debout depuis 1heure. Comment sera le reste de la journée ?
Chez M.Nissan, on fait chou blanc. La voiture est ancienne, vous comprenez… Un mécanicien a redressé la jante à coup de masse mais il ne sait pas où trouver une équivalence. De toute façon nous
l’avions dérangé pendant sa sieste « matinodominicale » et ça avait l’air de le faire c… qu’on le perturbât pendant son feuilleton à l’eau de lessive. De retour à l’hôtel, nous
finissons nos préparatifs pour embarquer dans quelques heures sur un bateau qui relie Santana à Belém. Nous arrivons tranquillement dans le patelin. Pendant qu’Éric donne confirmation de notre
présence suite à la réservation faite par le beau-frère brésilien d’un copain de Kourou marié avec une brésilienne (vous suivez ?) et des modalités de l’embarquement, je discute en français
(oui, oui) avec un gars qui travaille au port et qui était scolarisé à Cayenne il y a 20 ans. Je lui demande comment se passe la traversée et ce qu’il faut prévoir à bord. Renseignements pris
nous nous dirigeons vers l’embarcadère, faisons une petite pause bouffe et quelques courses pour ne pas mourir de soif à bord. Un détour chez le barbier du coin (3m
un fauteuil et un miroir, pas de bac de lavage et c’est parti mon kiki) où Camille et moi avons bien failli mourir de rire : le gars n’a pas dû faire
la même école de coiffure que nos apprentis européens….
C’est la première fois que
je voyais mon homme transformé en bomba brasileiro, avec la touffe sur le dessus et rasé sur les côtés, du gel, et presque la raie sur le côté !!! Heureusement le sevillan (pour les non
initiés : barbier de Séville= sévillan, bon ok, elle est capillotractée mais c’est de circonstance) a repris ses esprits et a fini le boulot de manière honorable, voire pointilleuse…quand il
a attaqué les poils des oreilles qui débordaient, les sourcils qu’il a disciplinés (de broussailles en bosquets à la française), j’ai eu un sursaut de fou rire intérieur en me disant que si Eric
baissait son froc il lui aurait aussi fait le maillot ! Bon trêve de plaisanteries, vous êtes là pour savoir ce que deviennent les Castor pas leur pilosité.
Nous nous sommes présentés à l’embarcadère, le dégrad de Stoupan c’est du 12 étoiles à côté ! Le bateau en contre bas d’un accès en terre, deux planches reliant le pont et la terre
ferme dans une inclinaison de folie. Je ne saurais dire le pourcentage, je me suis arrêtée à 5,4° de la Heineken ! N’empêche que ça fait peur, d’autant plus que
l’écartement des roues du 4X4 n’est pas le même que celui de la remorque.
Le marinheiro (que de progrès en portugnol !!) a pris le volant pour descendre Titine et des guides le hélaient au fur et à mesure pour le diriger. Séquence émotion
quand la voiture ne freinait pas bien et que les planches devaient être réajustées dans l’immédiat. J’ai bien cru que Titine finirait ses jours au fond d’un bras de l’Amazone. Une fois à bord il
a fallu se frayer un passage et grogner sévèrement pour avoir son carré de place. Plus de place à l’étage, réservé aux hamacs, plus de place en bas non plus. Nous nous sommes installés à
l’arrière du bateau avec vue sur la cuisine, la « salle à manger » ( 4 places autour d’une table bancale où seront servis les repas tout au long de la journée, les deux
banheiros (chiotte/douche aussi petit qu’au formule 1 mais beaucoup plus cracra…) et surtout, surtout, vue et prise de son incontournables sur le moteur qui propulse
l’embarcation à une vitesse raisonnable sur le fleuve.
J’ai
toujours rêvé de voir un concert des Tambours du Bronx, je crois que maintenant je suis vaccinée ! 36 heures à cette quantité de décibels je ne suis pas sûre de m’en remettre. Nous avons
malgré tout réussi à dormir dans nos hamacs au bout du pont. En pleine nuit un raffut incroyable nous a sortis de notre léthargie, des petites tapouilles se sont collées à notre « Aliança
com Deus » (non, je n’invente rien !) et ont transbordé des centaines de paniers en osiers et caisses de graines de wassaï. Business is business !
Bisous tout plein à vous trois.
Le chanteur qui remet le couvert demain soir.