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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 00:38
Après une toilette énergisante, un petit déjeuner au bord de la route fait de galettes de viande et de salteños (genre de chaussons fourrés à la viande et aux légumes en sauce), un jus de fruit, nous faisons quelques achats en prévision de la journée « cul dans l’eau ». Le vent est plutôt fort ce matin, il soulève le sable et la terre dans tout le village, s’insinuant partout. Aux infos, une tempête tropicale est annoncée sur Santa Cruz et de la neige est tombée sur la combe entre Cochabamba et La Paz. Pas très encourageant pour les pauvres guyanais tropicalisés que nous sommes. Quoiqu’il en soit, nous, nous suivons les conseils de notre masseur préféré et allons apprécier les délices de la médecine douce en eaux chaudes qui paraît-il soulagent des douleurs de dos et autres rhumatismes. Il n’y a que 31 km pour atteindre ce petit bout de paradis. Nous pénétrons dans le site et nous acquittons des 2 bolivianos (0,20 euro) par adulte. J’avais envisagé de m’installer sous un carbet muni d’une table et de chaises pour pouvoir continuer mes écrits et donc j’ai emporté l’ordi avec moi. Mais… car là, il y a un os…de taille ! Les 3 carbets sont envahis par des tentes igloo appartenant à une communauté de Mennonites en vacances. Pour ceux qui ne connaissent pas cette communauté, je ne peux que vous recommander d’aller voir sur internet un site plus renseigné que je ne le suis, d’autant plus que vous pourrez voir des images de ces personnages pour le peu…particuliers. Mais je vais quand même me faire le plaisir de donner quelques impressions et réflexions personnelles. Donc, quand nous sommes arrivés, nous avons cru avoir malencontreusement appuyé sur le bouton « back to the future ». Une chute vertigineuse dans le monde de « la petite maison dans la prairie » en pire ! Tous les hommes portent des salopettes noires, des chemises à manches longues retroussées, petits garçons y compris, une seule coiffure : cheveux courts et la raie sur le côté (gloups !) et pour masquer cette horreur, un chapeau (celui de Charles Ingalls !). Les femmes sont vêtues de robes à fleurs de couleur assez moche avec manches ballon et col Claudine, robe, sous laquelle elles portent une combinaison ou un jupon de coton blanc (de loin !). Caroline Ingalls version teutonne… (car cette communauté est d’origine et de langue allemandes) est loin d’avoir la silhouette sylphide du feuilleton. Hildegarde, Birgit, Anete, Frida et toutes les autres se laissent aller aux joies de la baignade. Rien de plus normal me direz-vous, sauf qu’elles sont toute habillées ! Elles se mouillent et s’arrosent les unes les autres, se lavent les cheveux (sans shampoing et sans défaire leur tresse). Elles parpotent chentiment dans la rivière. Eric et Camille vont profiter du lieu à leur tour. Je reste un moment à lire au bord de l’eau tout en observant discrètement cette bizarrerie. Camille vient me chercher pour que j’aille aider Eric à discuter avec un type qui se baigne également dans le cours d’eau chaude. J’ôte ma robe et me dirige vers eux. Je m’asseois dans l’eau également salue poliment le jeune homme. Visiblement, je dérange… Contre toute attente, l’homme est un mennonite et, je pense, il est gêné de voir une femme en maillot de bain ! Au bout de quelques minutes, il achève sa discussion et retourne au bord. Arrive alors Nelly…l’œil mauvais, elle parle à Gunter qui a l’air tout penaud, elle me regarde comme si j’étais un suppôt de Satan. Peut-être ne sait-il pas que les maillots existent, du coup, elle l’engueule de lui avoir encore offert un tablier de cuisine pour la dernière fête des mères. Je retourne me reposer sous les arbres près de la voiture. Une heure passe et je m’installe confortablement dans le coffre ouvert de Titine. Je sors l’ordi et m’attèle à la dure tâche de rédiger un peu nos aventures. Comme une bouse fraîchement sortie du cul de la vache attire les mouches, je me suis trouvée entourée de toute la troupe féminine mennonite. La famille Ingalls accompagnée de Nelly la vilaine (les – 30 ans ne peuvent pas connaître…) me dévisage (j’ai remis ma robe pourtant…), le troupeau me reluque, s’approche, m’espionne avec une discrétion sans commune mesure. Quel est cet étrange instrument qui trône sur ses genoux ???? Encore une invention diabolique ? Une d’entre elles s’approche de moi et, me désignant la glacière, me demande si j’ai de la glace….Est-ce que j’ai une tête à sucer de la glace ???!!! Non, non, lui répondis-je. Puis elle s’éloigne un peu. Ses congénères continuent de me mater en coin. Commencent à me gonfler les germaniques bolivianisées. La tenancière du lieu, une bolivienne bien du cru, cependant sans la jupe ni le chapeau, déboule avec sa brouette remplie de glacières dans lesquelles attendent des « floups » maison, des boissons et autres choses fraîches. Toutes gaillardes, nos fermières d’un autre siècle se jettent sur les floups goût citron et ananas. Elles s’esclaffent, minaudent, ricanent, gloussent, toujours vêtues de leur robe fleurie et trempée. Enfin elles vont me ficher la paix ! Sur les coups de 13H00, une autre brouette poussée par une autre bolivienne arborant un sourire ravi (moi perso j’aurais fait un procès à mon dentiste et à mon vendeur de dentifrice…quoique ce doit être plus simple pour une brosse à dents de viser le seul et unique croc ! Le plus difficile est de trouver une brosse à poil unique… !). Trêve de connerie ; Juanita donc, propose une fricassée de tatou aux baigneurs intéressés. Le chef des Mennonites, le papy, débarque placidement bras dessus bras dessous avec Gertrude (prononcer Guertroudeu pour les non germanophones !), s’approche de la brouette et se fait interpeller par Juanita qui lui sort bien fort : « Eh ! Mennono, tu aimes le tatou ? » Puis part dans un éclat de rire tonitruant repris en cœur par ses copines alors que Dieter s’écarte et reprend son chemin. J’en ai conclu que cette communauté ne mange pas certaines choses. J’ai essayé de trouver des renseignements concernant les mennonites mais n’ayant pas toujours la facilité de connexion, je n’en sais pas plus sur leurs mœurs et habitudes alimentaires. Ce sera l’objet de recherches amusantes et instructives pour mes longues soirées d’hiver… Reconnaissables à 100 mètres, ils conduisent des carrioles de bois tirées par un cheval et franchement la famille Ingalls paraît 10 fois plus évoluée !!!! Je n’ai qu’une chose à leur dire, la seule qui me soit restée de mes 4 années d’allemand au lycée : « Auf wieder siehen »! Eux étaient encore là pour 10 jours, de vacances. Au moins, moi, je n’ai pas perdu mon temps : j’ai réussi à écrire 4 pages dans l’après midi !!!! Au retour, nous avons profité de la douche chaude pour nous débarrasser du sable de la rivière et pour soulager nos vessies. Vous savez qu’il est très intéressant de toujours partir en vacances avec son plombier ? La preuve en est que dans notre chambre – 15 * quand la chasse d’eau a décidé de ne plus s’arrêter de se remplir et de vider son trop plein dans la salle de bain, notre plombier maison a grimpé sur le chiotte et a remédié à la fuite. Non sans mal, dans un concert de grossièretés et une suée non prévue. A l’issue de cet interlude « les petits travaux de chez soi », nous sommes allés nous restaurer sur la place du village puis avons terminé la journée au chaud sous la couverture de nos lits.
Par Youna
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 02:00

Debout les gars réveillez-vous, la Bolivie est juste au bout ! Le chemin vers l’ouest est ouvert. Et tout vert. Nous arrivons dans cette partie du Brésil appelée le Pantanal. Des marais, des marais et des marais. Une petite chaîne de montagnes en plein milieu, des oiseaux en pagaille, des bus de pêcheurs, des caïmans (dont un a fini sa vie sur le bas côté de la route, dévoré par un rapace que nous avons dérangé pendant son petit déjeuner) et nous avons assez vite imaginé les milliards de moustiques qui doivent pulluler au mètre cube ! Pas pour nous ce coin ! Au loin se dresse une montée, comme un dos d’âne géant dont on ne voit que la montée. C’est tout simplement le pont qui relie une berge à l’autre de ce bras marais monumental. Une structure colossale. Au bout dudit pont, un péage. Des français seraient-ils venus donner des conseils sur l’art et la manière de financer, ad vitam aeternam, un ouvrage d’art qui est payé depuis des années mais qui sert de vache à lait à l’état ? (voir nos autoroutes…). Nous nous acquittons de la taxe de passage et approchons de Corumba. Il est 13H00 et la frontière est à une poignée de sable. Nous pensons à grignoter un morceau, pas grand-chose d’intéressant dans le quartier. Nous nous dirigeons vers le poste frontière. Dans peu de temps nous serons là-bas !!!!! La police fédérale nous fait signe de passer. C’est étrange. Il nous faut absolument les tampons de sortie des passeports et du véhicule… Eric va demander au poste. Evidemment… le bureau de la policia federal de la imigracion est en centre ville, pareil pour la voiture ! Demi-tour. Et cherche dans cette ville sans indication les bureaux qui te concernent sachant que pour faire caguer les gens ils les ont planqués au détour de petites rues à sens unique(!), que si tu la loupes, la rue qui t’intéresse, tu te refarcis un tour de manège gratuit, avec le concert de klaxons qui accompagne tes hésitations et tes fébrilités. On en trouve un ! YES ! Pour le deuxième il faut aller à la gare routière. C’est facile à dire… mais on a trouvé quand même. Le niveau du réservoir de la voiture est plutôt bas mais le chauffeur annonce que nous ferons le plein de l’autre côté, ce sera moins cher. Direction la frontière ! Bolivie nous voilà ! Nous garons le véhicule et allons dire bonjour aux gentils messieurs du bureau de la imigracion. Adorables mais un peu feignasses sur les bords et moyennement organisés : tu remplis les feuilles vertes, mais il n’y a qu’un stylo, pas chaise pour s’asseoir et écrire correctement dans les cases, donc c’est en équilibre sur le bord d’une table que je fais mes trois pages d’écriture. Ils ont été surpris de voir autant de tampons sur nos passeports et particulièrement sur celui d’Eric qui, à lui tout seul, pèse au moins 1kg d’encres multicolores. Ils nous souhaitent la bienvenue de leur sourire  édenté pour l’un et doré à l’or fin pour l’autre. Nous allons alors au bureau des douanes pour enregistrer Titine. Le douanier est sorti. Nous l’attendons dehors. Arrive enfin le monsieur en question flanqué d’un transporteur et de sa liasse de papiers sous le bras. Il nous regarde de travers et s’enquiert de ce que nous voulons ; il nous demande de faire des photocopies des papiers d’entrée sur le territoire, etc. Ca va, ce n’est pas trop compliqué et en plus il y a une boutique de photocop juste en face (à bien y réfléchir, notre douanier doit avoir des actions dans le renouvellement de la cartouche d’encre !). Une fois ceci fait, il essaie de nous faire entrevoir qu’avec une « aide » nous pourrions obtenir une autorisation de 3 mois au lieu d’1. Puis il veut voir le véhicule…bad weather for the flys ! Je crains le pire. Ca sent la tentative d’extorsion de brouzoufs. Nous faisons les idiots qui ne comprennent rien ; une bonne heure plus tard, nous obtenons enfin ce que nous voulions, pas lui ! Direction Puerto Suarez. Nous commençons par retirer des sous pour pouvoir payer le carburant nécessaire à la poursuite de la route. Pas de station dans la ville. Nous revenons sur nos pas. Les 2 stations du bord de route sont en rupture de stock. Demain vers 10H00 elles seront livrées. Non, nous n’allons pas rester ici ! Nous retournons au poste frontière. Je vais demander aux charmants messieurs de l’immigration s’il nous est possible de repasser en sens inverse pour faire le plein. Dans un grand sourire, le jefe me confirme que c’est possible et en rigolant il me dit qu’un coca en retour serait le bienvenu ! Culotté les mecs, tout est bon pour obtenir un petit quelque chose ! Pendant ce temps, Eric a demandé à un gars s’il connaissait un coin pour faire le plein. « Allez à la zone franche, il y a un surtidor » (station essence in spanish in the text). 4 km verss l’intérieur de la ville nous découvrons une enfilade de voitures et camions de tout poil ; deux files se sont formées : gazolina y diesel. Nous nous glissons dans la rangée diesel. Le rythme d’avancée s’apparente à celui d’un escargot sous lexomil. La zone franche est composée de boutiques duty free, dont le seul intérêt est l’achat d’alcool. Pour le reste, c’est aussi cher qu’ailleurs. A part peut-être le carburant. Il est presque 18h00 quand notre Titine franchit le seuil de la station suivie d’une autre voiture. Le garde ferme alors le portail ! Ouf, c’était moins une ! La nuit est tombée. Le Pantanal  Bolivien n’est pas exempt de moustiques ! des monstres voraces se précipitent sur nous en patrouille serrée, enchaînent attaques franches et piqûres sournoises. Ce ne sont pas des moustiques de taille normale, on dirait un croisement entre un moustique obèse et un hélicoptère de la gendarmerie (il t’attend là où toi tu ne l’attends pas), bref, des « sergent Garcia » de la gente moustique. La jeune femme qui sert le picotin de Titine prépare la facture et s’arrête, hésitante. Elle doit noter le numéro de plaque du véhicule…et augmenter les tarifs pour les étrangers ! Juste X 2 ! Mais, allez savoir pourquoi, elle nous annonce qu’elle ne fera pas de facture et qu’on peut partir ainsi, mais vite ! Sympa la fille. Nous quittons Puerto Suarez et filons tout droit vers Robore. Nous savons qu’il Y a des petits hôtels pas trop chers et que demain nous irons aux aguas calientes (prévues pour aujourd’hui je le rappelle !). Il fait nuit noire, notre chauffeur se sent bien et se prépare à avaler les 170 km qui nous séparent du dodo. Je m’assoupis à ses côtés. Camille entame sa nuit sérieusement. Je me réveille en sursaut dans un grand bruit de frein et une petite embardée de Titine. Au milieu du bitume deux ânes se promènent, ils n’ont pas mis leur gilet fluo et sont invisibles dans le noir ! Eric les évite donc de justesse. Je ne peux pas me rendormir, mon cœur bat la chamade, mes mains tremblotent. On ouvre grand les yeux. Ce n’est pas inutile : des vaches prennent le frais quelques km plus loin comme des adolescentes hilares et insouciantes, papotant et cancanant de n’importe quoi et n’importe où. Malgré les coups de klaxon elles ne bougent pas d’un poil, pis (excellent, non.!?), elles nous regardent passer, les éviter, en haussant les épaules.  Ah les vaches ! Nous arrivons quand même à bon port vers 20H30, après avoir tourné et viré dans les rues sombres sans indication (est-il encore nécessaire de le préciser ?...). Nous nous installons à l’hôtel San Martin, dans une petite chambre typique de la Bolivie profonde. Pour vous donner une idée de l’ambiance : on se croirait chez une vieille mamie, fan du crochet et du tricot, de l’art iconoclaste, de la Vierge Marie qui nous bénit au dessus de notre lit (c’est peut-être pour dissuader les ardeurs romantiques des hôtes…), la télé et sa célèbre télécommande qui permet de choisir entre les deux chaînes reçues dans le coin, le petit bouquet de fleurs en tissu made in china avec ses gouttes de rosée en plastique sur les pétales pour faire plus vrai (frais), de celles que l’on réserve à la Toussaint pour une vieille tante au menton poilu qui nous forçait à manger des épinards et du foie de veau.. Pas de petit déj’, pas d’internet. Bon, pour 15 euros par nuit pour nous 3, il ne fallait pas demander plus. Pas de savon non plus, mais là la technique du  « on ne sait jamais, ça peut servir » est tout à propos et des savonnettes sorties illégalement du pays voisin jaillissent de la trousse de toilette. Une petite pause roborative et retour au paddock, la litière est propre c’est l’essentiel. Demain, c’est sûr, nous nous détendrons aux eaux chaudes, dans la douce tiédeur  ambiante et le calme du lieu peu fréquenté.

Par Youna
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 01:59

C’est l’anniversaire de ma maman et cette année encore je ne peux pas  l’appeler. Je lui enverrai un mail dès qu’un hôtel nous offrira le service internet ! En attendant, je lui fais un gros bisou. Feliz cumpleanos madre mia !

Encore quelques clameurs taurines dans les oreilles à peine débouchées d’hier, et nous repartons tel le poor lonesome cowboy, far far away from home. Un dimanche c’est idéal pour circuler ! Sauf au Brésil ! Les camions roulent, les agents de la DDE travaillent et il y a un monde incroyable sur la bande asphaltée. Nous quittons Rio Verde en direction de Campo Grande. La route est plutôt correcte pendant des km. De moins en moins de camions  croisent notre chemin. Nous arrivons alors à une indication de rupture de route. Qu’est-ce que c’est que cette blague de mauvais goût ? Où faut-il aller ? Nous suivons la pancarte en bois qui nous engage à remettre nos pneus sur de la piste du genre latérite. Une quinzaine de véhicules fait la queue, sagement. Un bruit de moteur attire notre attention ainsi qu’une étrange chorégraphie. Je descends de voiture et me rends vers le lieu de toutes les attentions. Décidément nous sommes abonnés ! Encore une barge… une petite rivière à traverser à bord de la barge qui peut embarquer jusqu’à 12 véhicules de taille normale. Le maître de cérémonie fait passer les voitures sur le pont, ferme des barrières symboliques de chaque côté du transbordeur et hop ! en un tournemain nous voici déjà sur l’autre rive. On regretterait presque la magie de Alliança com Deus (pas son ronronnement de dragon, non). Une fois de l’autre côté nous reprenons notre petit bonhomme de chemin. Au bout de quelques centaines de km, nous apercevons une ville immense, de celles que l’on voit dans les films de science fiction avec des tours, des immeubles qui semblent chatouiller le ciel, un entrelacs de routes et de carrefours, une activité débordante à cette heure de pointe. Bien entendu, comme dans tous les pays d’Amérique du Sud (du moins ceux que nous avons visités), il n’y a aucune pancarte, aucun panneau indicateur pour nous aider à choisir notre direction. Pas grave ! On y va au soleil ! Merde…il est midi. Ô miracle ! Un plan de carrefour nous fait comprendre qu’il faut aller à droite pour reprendre à gauche après le rond-point et repartir par la contre-allée pour éviter le centre. Œil de lynx s’était associé à bison Futé, la fraction de seconde nécessaire pour se sortir de ce pot de pus ! Nous nous retrouvons sur un « périphérique » qui nous fait contourner la ville, bien contourner même, peut-être 20km de plus….. Nous laissons la ville dans notre rétroviseur (celui de l’extérieur, bah oui Titine a perdu le rétro intérieur dans un soubresaut sur la bonne route de qualité supérieure…). Nous nous arrêtons pour la nuit dans la province du Mato Grosso do sul, entrée du Pantanal, à Anastacia. On fait le plein d’essence, des estomacs et de sommeil. Demain nous serons en Bolivie. La frontière est à 300km. Une rigolade pour Titine ! Eric est content de se rapprocher enfin du but. Il calcule même que nous pourrions aller jusqu’à Santa Cruz distante de 550 km de la frontière, mais qu’il serait plus raisonnable de s’arrêter avant et d’aller se faire un plouf aux aguas calientes que nous avions testées l’an passé. Je pense aussi ! Camille en rêve depuis juillet dernier de ce moment de plaisir où le corps se laisse enveloppé par de l’eau à 38-39° en pleine nature, loin de tout et de la civilisation. Vivement demain !

Par Youna
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 01:58

On the road again, again. Rio Verde, nous voilà! C’est fourbus et rompus que nous nous arrêtons dans la grande ville de Rio Verde. Nous déchargeons nos bagages dans un hôtel sympa. Posé sur la table, un prospectus nous invite à aller voir un spectacle de rodéo à la place des expositions de la ville. Nous remarquons alors que des types patibulaires (mais presque….oui Axel, je l’ai faite !) rodent dans l’entrée de notre hôtel. Ils sont habillés étrangement de pantalons, bottes de cuir, gros ceinturons et chapeaux de …..oui, ce sont des cowboys ! Des vrais !!! Nous prenons le parti de nous inviter à leur petite sauterie et d’aller observer ces cavaliers hors pair à dos de taureaux. Effectivement nous atterrissons dans une sacrée grande foire expo digne des immenses villes de notre vieille Europe. L a différence c’est que tout est sponsorisé par Crystal Cerveja.  On peut manger et boire (de la Crystal surtout) et faire un tour de manège (avant de manger !!!), on peut aussi acheter son chapeau de cowboy si on a oublié le sien à la maison, des bottes en cuir (à talons pour les dames, celles qui ne montent pas à cheval et qui braient le nom de leur idole dès qu’elle apparaît dans l’arène), des ceintures, des pantalons, des selles en cuir  superbes dont on rêve encore plusieurs jours après et qui somme toute ne valent pas plus que les courses pour le mois que l’on fait à Cora (si, si ! les guyanais se rendent comptent alors que nous nous faisons un peu b…. quand on va faire nos courses dans Notre Hypermarché, monopoliste tout comme Air France). Pause coup de gueule. Puis vient le spectacle : une arène digne de la petite sœur de la Boca Junior  où des milliers d’aficionados s’agglutinent, bière en main, barbe à papa et autres glaces à la bouche tournés vers le centre illuminé de lasers verts inscrivant insidieusement Crystal sur le sable. Un présentateur loquace (vous avez déjà assisté à un match de foot commenté par un brésilien pur jus ? Ben c’est pareil en pire ! C’est dire !) débite des milliards de mots à le seconde en ponctuant ses phrases par le mot magique Crystal. Il lui faut en moyenne 5 minutes pour annoncer un cowboy et donner tout son pedigree (élevé à la Crystal bien sûr) et le tout dans un torrent de bruit, de musique et de vociférations. Finalement je préfère les tambours du Bronx ! Au bout de deux heures montre en main nous avons enfin pu voir le premier concours féminin : les tambours (je vous promets que c’est comme cela que ça s’appellent !), une cavalière doit faire un parcours en tournant autour de trois tambours placés en triangle dans l’arène et ce en un minimum de temps. Je ne vous parle pas du démarrage au galop et des virages à la corde autour de chaque tonneau, c’est époustouflant ! Le cheval est quasiment assis sur lui-même et repart de plus belle dès que son museau est sorti de l’arrondi ! On a admiré une gamine d’une dizaine d’années qui a fait un sans faute en un temps record, elle semblait n’avoir jamais touché la selle de tout le parcours, son chapeau est resté au départ dans une envolée folle mais la môme était collée à sa monture, elle l’encourageait et donnait des jambes alors qu’aucune autre partie de son corps ne touchait à l’animal. Incroyable ! Puis sont arrivés les cowboys. Commence une cérémonie digne de l’enterrement de Mickael  Jackson, des prières à genoux au centre de l’arène (ce ne sont pourtant pas des toreros ?!), sous les sunlights du laser Crystal, des feux d’artifice en pagaille et des blablas insoutenables du commentateur. Les petits jeunes entament les hostilités et  se font mettre par terre dès les premières secondes. Les plus aguerris passent alors. Nous avons eu un fou rire général : un des taurillons, après avoir éjecté sa verrue dorsale, décide de faire sa star. Il refuse de retourner au toril, fait le cabotin, se laisse poursuivre par les rabatteurs, se joue d’eux puis fait mine de rentrer. Demi-tour sur les pattes arrière, c’était trop drôle d’être sous les feux de la rampe ! Il revient et dans un petit trop léger se dirige vers le cowboy à cheval, il vise la croupe du canasson qui esquive de manière impressionnante et presque sans se soucier de lui. Le taureau revient à la charge et profitant d’un moment d’évitement, le cavalier lui passe un lasso autour du cou. Mauvais joueur le taureau se couche dans le sable et souffle à grand bruit, regardant autour de lui si tout le public a bien vu qu’il était une victime de la race humaine. Le cowboy dépité l’incite à se remettre debout afin de le ramener au bercail. Notre bovin cabot fait semblant de se lever et les fesses en l’air, les antérieures repliées sous lui, continue de regarder l’assistance, ignorant totalement les appels de son gardien. Puis il prend un peu d’élan, se hisse sur ses pattes et repart au petit trop, contourne le cheval pour aller voir qui est ce clown qui lui fait des grimaces. Il s’approche…et l’embroche ! Le clown est sorti sur une civière le taureau a repris le chemin du toril. Ce soir la femme du clown dormira sur ses deux oreilles. (Hommage à Cabrel). Nous avons fui le bruit, les cris, la musique et le Nelson Monfort du bac à sable afin de nous retirer dans nos pénates et dormir du sommeil du juste, sourds mais contents de voir Camille les yeux écarquillés face aux innombrables chevaux présentés. A nos lecteurs amateurs d’équidés : un paint horse de deux ans vendu aux enchères 170 euros…, un étalon de 6 ans 240 euros. Ca fait rêver non ???!!! Bonne nuit.

Par Youna
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 01:57

Guarai- Uruaçu : de la route, de la route, de la route…Bon, il n’y pas grand chose à dire, je ne vais pas vous décrire la route vous savez tous ce que c’est. En revanche il faut un petit topo concernant la conduite de nos amis brésiliens. Qui n’a pas la chance –la malchance ?- d’emprunter les routes de nos voisins lusophones ne peut imaginer les périls qu’il rencontre à chaque détour de virage. Bison futé et la sécurité routière de notre brave patrie se ferait des cheveux blancs et des infarctus en voyant que les routes nationales sont des centres d’essais permanents des grands prix de Formule Un version gymkhana. Qui a peur est un peureux. Moi, franchement je préfère dormir que voir des camions fous me foncer dessus et oui, j’ai réellement eu peur à plusieurs reprises. Je me demandais pourquoi faire une couleur avant de partir, finalement j’aurai dû, ce ne sont plus de cheveux blancs que j’ai, mais une moquette de chez Tonton Tapis référence  «  œufs à la neige ». Tout le bord de route est balisé de panneaux rappelant qu’il ne faut pas doubler, qu’il faut respecter les limitations de vitesse, etc. Je plante le décor : une route (qui chez nous serait une autoroute compte tenu de l’axe nord-sud Belém/Brasilia -Paris /Marseille quoi ! en plus long….), des centaines de camions chargés comme des baudets qui roulent à plus de 120 km/h et qui se doublent de préférence dans les montées, avec virage et aucune visibilité. Parfois, ils n’hésitent pas à emprunter la 3ème voie (celle d’en face !) pour doubler un camion en dépassant un autre … Quand 3ème voie il y a ! Mange une olive, monte en voiture et fait 100km au Brésil, tu seras le roi de l’optimisation de l’huile contenue dans un fruit ! Ceci est déjà terrifiant sur une route de bonne facture, que dire quand on atteint des chemins dignes de la route de la Chaumière qui à ses heures de gloire avait été rebaptisée « la route gruyère », de notre chemin de Stoupan avant de faire venir des camions de terre, d’aucuns se remémorent sans doute l’appréhension de venir s’engouffrer dans ces chemins de traverse même si une soirée entre potes était à la clé. Je me suis surprise à revoir les images du vieux film avec Montand et Charles Vanel (les cinéphiles me corrigeront…) adapté du roman « Le salaire de la peur » quand ils arrivent sur la piste en tôle ondulée et qu’à chaque instant tout peut péter. Ce n’était pas la nitro qui m’angoissait mais la barre de direction…. Et ne parlons pas des conséquences lombaires, de la crispation maxillaire, de l’ouverture 100% des mirettes qui pourchassent au loin le trou meurtrier, le dénivelé assassin tapi dans l’ombre, la lombada (gendarme couché) discrètement caché par un reflet du soleil. Ce n’est pas de tout repos pour le chauffeur ni pour les passagers. Même les CD sautaient dans le lecteur. Nous avons vite renoncé au profit du disque dur externe branché sur l’autoradio. A ce propos, je regrette de n’avoir pas confié mes 2 disques durs à des amis (des vrais) de ceux qui ont des variétés sympas de tous horizons. Pourquoi ? Parce que un certain Eric, hautement qualifié en goûts musicaux, nous fait subir des horreurs enregistrées au gré de ses heures perdues et au hasard de ses découvertes internet. Bref, quand sont arrivées les pleurnicheries de Jean Ferrat je l’ai menacé de monter dans le 1er avion, puis a suivi Léo Ferré et là je crois que j’aurais été capable de me pendre, de me mettre la tête dans un four et de me faire hara-kiri en même temps. Ont suivi les vomissures de petites Poufs anglo-saxonnes qui poussent des petits cris à chaque fin de phrase, puis les incompréhensibles paroles de jeunes  «  talents » très en vue supportés par des musiques insipides et arythmiques. Merci les potes qui n’ont pas pensé à moi avant notre départ ! Et encore nous n’avons écouté que le premier disque ! Peut-être qu’il y aura U2 à la fin du 2ème……

Par Youna
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