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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 01:56

Il fait encore bien nuit quand nous apercevons au loin les lumières de la ville ; c’est avec soulagement que nous mettrons un terme à cette traversée. Eh oui, quand j’ai cessé d’étaler ma prose sur l’écran de l’ordinateur, il s’est encore passé plein de trucs rigolos : nous avons été arraisonnés par la marine nationale brésilienne en quête de travailleurs clandestins sur le bateau. Ils ont vérifié toute la paperasse de bord pendant que les employés déchargeaient les bières sur le quai de Sao Sebastiao (regardez sur une carte si vous voulez plus de précisions ! ile de marajo). Eric, le candide du coin, sort son appareil photo pour immortaliser l’instant, et malgré mes recommandations de ne pas le faire, il s’approche du bord tribord (pas facile à placer dans une conversation !) et se fait houspiller par le chef des représentants de la défense en mer. Il remballe tout penaud l’objet du délit et revient me voir avec des yeux de hiboux. Ben quoi, secret défense, il ne connaît pas ou quoi ?!!! Je ne dis pas la phrase qui tue et qui nous brûle les lèvres dans ces cas-là : « Je te l’avais bien dit… ». Nous reprenons la lente cadence de l’alliance avec dieu vers des bras de fleuve de plus en plus larges. Beaucoup de passagers sont descendus à la dernière pause et des places de hamacs se sont libérées, pas en haut non, en bas au-dessus des machines. Les marins en profitent pour rentrer les tonnes de wassaï et pour ranger un peu l’avant-pont chargé comme une mule. Nous dormirons une fois encore à nos places VIP du concert des tambours du Bronx. Pendant la nuit, une houle violente me sort de cette somnolence enfin acquise au péril de mes neurones. Brinqueballée de droite et de gauche je heurte régulièrement la tête de Camille qui semble imperturbable, calée dans les bras de Morphée et sourde au tapage nocturne des moteurs. Je vois Eric qui se balance de plus en plus au risque de faire une crêpe sur le pont. Je m’accroche tant bien que mal au bastingage et évite de percuter ma petite voisine, toujours aussi paisible. Ayant pitié de moi quand il ouvre ses yeux de merlan sauté, Eric prend un bout (on ne parle pas de corde ni de lapin à bord d’un navire) et m’amarre au bateau. Je ne pensais pas que la douceur du fleuve pouvait se transformer aussi rapidement en rage aquatique. Vivement l’accostage. Et, donc, nous voici dans les derniers miles nous séparant de la terre ferme. Toute la populace du bateau est prête à débarquer.  Le débarquement est moins folklorique que l’embarquement. Il est  7h00 quand nous quittons le port vers le cœur de la ville à la recherche d’un garage susceptible  de faire des miracles sur Titine (autant essayer de dresser un éléphant à marcher sur un fil de fer). On trouve un petit garagiste, dès l’ouverture.  Il regarde circonspect puis prend un air expert et démonte la barre de direction et part à vélo.  Il revient un bon moment après avec la pièce refaite à neuf. Il va falloir que je trouve un éléphant….Nous commençons alors la chasse à la jante de 13’. Inexistante. On se rabat sur un pneu neuf. On ne sait jamais, avec la scoumoune … et malgré les gri-gris d’Isa……. ! Enfin nous quittons Belém et ses immeubles pour attaquer la route, la vraie, celle qui nous mènera vers le sud. Nous roulons sans cesse jusqu’à Dom Eliseu où nous nous reposons, reprenons le ruban asphalté dès l’aube. Eric conduit dix heures par jour et s’endort comme un bébé dès que son corps sent l’horizontalité du lit.

Par Youna
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /Juil /2009 01:52

Face à vos nombreux commentaires et encouragements, je ne peux que vous remercier de toutes les ondes positives que nous recevons chaque jour. Comme vous vous en doutez, il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour rédiger (taper sur un clavier quand les nids de poules sont légion sur la route pourrait être une nouvelle épreuve de la version routière de Fort Boyard) et les connections de bonne qualité pour publier sont inexistantes dans certains coins paumés. Il y a même les accros qui sont déçus de ne pas lire  la suite de nos aventures (bises à Hélène et Philippe) et qui visiblement attendent la prochaine publication comme on attendait le feuilleton radio à l’époque de Pierre Dac. Soyez rassurés, je pianote dès que j’ai le temps et l’inspiration. Parfois ce n’est pas au même moment…c’est ballot ! Nous sommes arrivés à Santa Cruz depuis mercredi 22 juillet et nous nous apprêtons à filer vers Trinidad dimanche 26. En attendant, je vous laisse en compagnie du fil de nos péripéties (bien moins torrides qu’au début, c’est tant mieux pour nous, moins bien pour les amateurs de sensations fortes !). Bonne lecture et au plaisir de vous lire également. (ça fait du bien de lire sa langue maternelle… !!!)

Par Youna
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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 02:37

Alors, il était comment le défilé à la télé ? Nous, nous avons vu celui des arbres à fleur d’eau dans le soleil levant, des pinots tout droits qui bordent la rive, de la mangrove envahie de brume matinale, des gens qui sortent de leur hamac avec une larme de sommeil accrochée aux cils et qui se dirigent vers les douches à l’eau du fleuve. Ca alors, je viens de réaliser que je pourrai dire que je me suis lavée dans l’Amazone ! Enfin c’est l’Amazone qui est venu me doucher dans le bateau ! L’odeur du café vient chatouiller les narines des passagers, un petit tas de gâteaux genre crakers s’offre aux amateurs. Nous attaquons les bananes, le jus de raisin et les biscuits au coco, les yaourts soigneusement conservés dans notre glacière. Pas mal pour un 7h00 du mat, perdus dans les méandres d’un des plus mythiques fleuves de notre planète. La matinée se déroule, cool. Un petit arrêt à la station suivante où trois clampins descendent et quatre autres montent (je ne savais pas qu’il y avait l’option omnibus… ?!) puis on repart. La vraie halte (20 minutes au moins !) se fait à Breves, Ile de Marajo. Encore un chargement de quantité industrielle de bière, des jeunes montent à bord pour proposer des victuailles, des assiettes de bouffe. 12h30. C’est stratégique ! Comme on n’a pas réellement mangé hier soir (oui, Eric vous expliquera qu’à bord il y a de tout et que ce n’est pas la peine d’acheter quoique ce soit… bref on a juste grignoté des conneries pour faire croire à nos estomacs qu’il y aurait un repas après les gâteaux apéro…mais on a rusé et on s’est couché avant qu’ils ne découvrent le leurre), nous prenons avec plaisir les assiettes de pâtes, riz, farofa, viande qui nous sont proposées. Petite sieste bien méritée, l’estomac ne sait pas trop ce qu’il doit faire : un coup on mange, un coup on ne mange pas, un coup c’est pour de vrai, un coup c’est pour de faux. Bref, Camille revient des toilettes…maman, j’ai la diarrhée… c’est cool les vacances !!!  Bon encore une nuit à passer avec les Tambours du Bronx et si tout va bien nous serons à Belém vers 5h00. 

 

Par Youna
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 23:51

Le réveil  a sonné comme prévu : il est 4 heures, la nuit est encore bien présente et le sommeil aussi. Le temps de boucler les dernières valises et nous voici dans la Titine suivie de près par la remorque. Au carrefour de Stoupan, un comité d’accueil nous fait signe : 3 courageux ou 3 fous furieux ? Axel, encore baigné  des dernières notes de musique caïmanesques, Bernadette, les yeux pleins de sommeil mais le sourire radieux et Franck, toujours partant pour faire la fête aux amis même à des heures indues ! Ultimes embrassades avant de conquérir le MONDE…..

Rien de bien transcendant jusqu’à St Georges. Titine est installée sur la barge avec son chauffeur, Camille et moi prenons une pirogue de compet’ pour traverser le fleuve. Nous attendons notre carrosse qui prend la « mer » pour la 1ère fois, elle n’a pas été malade ! Camille et moi avons suivi les conseils du piroguier et sommes parties à la rencontre de la barge pour accueillir  Titine’s Captain et son attelage, le soleil tape déjà fort et nous avons vite fait d’être en nage. Surtout que le chemin indiqué par notre piroguier a croisé celui d’Eric mais pas sur la même latitude… Moralité : si tu ne veux pas avoir chaud attend à l’abribus. Après une halte (longue) dans les différents services fédéraux pour être en règle, nous quittons enfin Oyapoque. Il est 11h30.

Les quelques 50 premiers kilomètres sur l’asphalte se déroulent sans encombre, puis nous attaquons la piste et sa succession de trous, d’ornières, de gouffres parfois ! Le chauffeur est concentré sur la route et ses pièges à c…, nous somnolons mollement à ses côtés. Le grand ruban rouge défile devant nous, encadré par de hauts arbres ou longé de prairies par endroits. Peu de monde tout de même sur cette magnifique autoroute d’un autre siècle (il paraît que bientôt des échanges commerciaux vont avoir lieu entre les deux pays, sans doute en charrette vu l’état d’avancement des travaux !).  Comme se plaisait à le répéter mon vieil ami Pangloss, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, c’était sans compter avec  ce bruit bizarre à l’arrière, comme si nous avions des casseroles accrochées par une ficelle au pare-chocs de la remorque…qu’est-ce donc ?  Non, pas possible, juste un petit problème, l’amortisseur gauche de la remorque s’est dessoudé ! Mais Mc Giver , sa ficelle et son couteau ne sont pas loin, et hop là, un coup de baguette magique et ça repart. Pour 10 km à peine…, re-couteau, re-ficelle, il faut changer de Mc Giver… car 10 kilomètre plus loin c’est rebelote ! Ca commence bien.  A la 3ème tentative ça a l’air de tenir.  Guillerets et rassurés, nous poursuivons notre route.  On s’estime heureux jusqu’au moment où …flap flap flap … le pneu droit de la remorque nous abandonne. On pourrait titrer ça dans le journal « suicide d’un jeune pneu perdu en forêt amazonienne ».  Il n’est que 15 heures… La route se poursuit tant bien que mal jusqu’au bled paumé nommé [….] dans lequel nous donnons les premiers soins à Titine : soudure de l’amortisseur dans une borracharia de fortune, achat d’un pneu, d’une chambre à air, et roule ma poule ! Certes il est tard mais nous n’envisageons pas de passer la nuit ici. Il est 18h30 et nous sommes à 5 heures de Macapa. Super chauffeur reprend le volant et nous nous engageons enfin sur de l’asphalte, Titine sourit, Camille dort et moi j’essaie de ne pas flipper au moindre bruit suspect. La nuit noire nous enveloppe alors, nous croisons quelques voitures, nous nous faisons dépasser, les phares se perdent au loin dans la nuit, pas de signe de vie dans les alentours, du vide à perte de vue, un orage au loin dans le ciel noir. Vers 21heures, nous traversons un bled sans nom, nous faisons une courte pause pour remettre du carburant dans nos estomacs, des coups de marteau sur la jante de la remorque (oui elle a encore été attaquée par des trous sauvages…faudrait peut-être les signaler par des panneaux de la DDE locale) et nous reprenons de plus belle. Des montées, des descentes, des plats, des virages, toutes les possibilités de route sont présentes. Mais Eric ne peut plus conduire, sa capacité et sa résistance à la fatigue sont au bout. Je prends donc le volant. Pas rassurée, ceux qui me connaissent bien le savent, je déteste conduire et encore plus la nuit, et que dire du paramètre remorque au c… qui ne fait que des caprices depuis le début ! Mes yeux piquent et je lutte contre le sommeil, la nuque qui s’ankylose, les battements de cœur qui s’accélèrent dès que des phares oscillent dans la nuit, de toute manière je ne dépasse pas le 80 km/h (oui, je sais on me surnomme la tortue, on ne va pas arriver de bonne heure, etc.). Florent Pagny chante dans la voiture et tente de me tenir éveillée, Eric dort profondément (pas longtemps). A 150 km de Macapa, il reprend le volant. Tout à coup, la Titine se rebelle et a de terribles vibrations. Elle tressaute, sursaute, rue dans les brancards. Eric la dompte en lui donnant des coups de volant vers la droite puis la gauche pour que le bruit cesse et que ses tremblements épileptiques se calment. La direction est en train de nous lâcher, elle aussi. Faudra bien que ça tienne jusqu’au bout, nous arrivons dans la dernière ligne droite, là-bas, regarde, enfin les lumières de la ville, nous pensons immédiatement aux lits qui nous attendent quelque part et qui nous berceront le reste de la nuit. Un dernier virage dans la ville et… la flicaille ! Contrôle des papiers des passagers et du véhicule. Quand je pense que ça fait au moins 5 ans que je n’ai pas été arrêtée par les keufs de Cayenne ! Nous repartons vers le centre ville, sans dommage, allez encore deux ou trois rues et nous y serons. Flap flap flap…oui, vous aussi vous l’avez reconnu le doux bruit du pneu qui vous lâche au bon moment…. Il est plus d’une heure du mat, il fait chaud, Eric change la roue, marche dans la merde de chien sur le trottoir ( quelle idée de tomber en rade près d’une merde de chien aussi !) et nous fait faire le tour de la ville, tiens les flics ont remballé leurs affaires, oui on est déjà passé par cette rue-là, je reconnais la boutique de fringues moches fluos même que tu n’as pas besoin de gilet pour réparer ta roue sur le bord de la route si tu les mets. Il est 2h30 quand enfin, après une douche relaxante et bien méritée, nous nous glissons dans nos lits (chacun le sien, on aurait dit les 3 nains (je vous dispense de chercher qui aura quel nom de nain…), sans Blanche-Neige).

Par Youna
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 23:21

Dimanche 12 juillet

Voilà une bonne journée qui commence : petit déj’ pantagruélique. Bon, la petite touche négative c’est que la clé de la porte de chambre est restée coincée dans la serrure.  Après avoir l’estomac plein, on ne résiste pas à l’appel du lit ou du livre. La journée se résume en deux mots : miam-miam, dodo. Pas mal non ? Camille qui n’avait quasiment rien avalé depuis le petit déjeuner de samedi matin (potron-minet) s’est englouti un bon casse-croûte, puis a enchaîné par un misto de viande à midi et le soir a juste eu envie de picanha, riz, coco à l’eau, salade composée, a poursuivi par une barquette de frites qu’elle s’est empressée de finir pour terminer par une glace maracudja.  Un bon gros dodo par là-dessus à la fraîcheur de la clim, entortillés dans des draps qui sentent bon l’adoucissant et le propre.

Lundi 13 juillet

Bon pied bon œil, les objectifs de la journée sont fixés et en premier lieu  nous devons aller chez le concessionnaire Nissan pour trouver une barre de direction afin de choyer Titine, « qui veut aller loin ménage sa monture ». Primo : douche et petit déj’ (va expliquer en portugnol que ta douche ne produit plus d’eau chaude)…. maman j’ai mal au ventre…, secundo : la voiture direction et jante de remorque à redresser  (va expliquer en portugnol que ta clé est encore coincée dans la serrure…); maman j’ai envie de vomir…, tertio …….pas de tertio Camille vient de vomir au milieu des toilettes, oui au milieu pas dedans ! (va expliquer en portugnol que ta gamine vient de recrépir le carrelage des toilettes près de la piscine…et que son petit déjeuner trône près du trône…) Que d’aventures ! Il est 9h30 et nous sommes debout depuis 1heure. Comment sera le reste de la journée ?

Chez M.Nissan, on fait chou blanc. La voiture est ancienne, vous comprenez… Un mécanicien a redressé la jante à coup de masse mais il ne sait pas où trouver une équivalence. De toute façon nous l’avions dérangé pendant sa sieste « matinodominicale » et ça avait l’air de le faire c… qu’on le perturbât pendant son feuilleton à l’eau de lessive. De retour à l’hôtel, nous finissons nos préparatifs pour embarquer dans quelques heures sur un bateau qui relie Santana à Belém. Nous arrivons tranquillement dans le patelin. Pendant qu’Éric donne confirmation de notre présence suite à la réservation faite par le beau-frère brésilien d’un copain de Kourou marié avec une brésilienne (vous suivez ?) et des modalités de l’embarquement, je discute en français (oui, oui) avec un gars qui travaille au port et qui était scolarisé à Cayenne il y a 20 ans. Je lui demande comment se passe la traversée et ce qu’il faut prévoir à bord. Renseignements pris nous nous dirigeons vers l’embarcadère, faisons une petite pause bouffe et quelques courses pour ne pas mourir de soif à bord. Un détour chez le barbier du coin (3m  un fauteuil et un miroir, pas de bac de lavage et c’est parti mon kiki) où Camille et moi avons bien failli mourir de rire : le gars n’a pas dû faire la même école de coiffure que nos apprentis européens…. C’est la première fois que je voyais mon homme transformé en bomba brasileiro, avec la touffe sur le dessus et rasé sur les côtés, du gel, et presque la raie sur le côté !!! Heureusement le sevillan (pour les non initiés : barbier de Séville= sévillan, bon ok, elle est capillotractée mais c’est de circonstance) a repris ses esprits et a fini le boulot de manière honorable, voire pointilleuse…quand il a attaqué les poils des oreilles qui débordaient, les sourcils qu’il a disciplinés (de broussailles en bosquets à la française), j’ai eu un sursaut de fou rire intérieur en me disant que si Eric baissait son froc il lui aurait aussi fait le maillot ! Bon trêve de plaisanteries, vous êtes là pour savoir ce que deviennent les Castor pas leur pilosité.

Nous nous sommes présentés à l’embarcadère, le dégrad de Stoupan c’est du 12 étoiles à côté ! Le bateau en contre bas d’un accès en terre, deux planches reliant le pont et la terre ferme dans une inclinaison de folie. Je ne saurais dire le pourcentage, je me suis arrêtée à 5,4° de la Heineken ! N’empêche que ça fait peur, d’autant plus que l’écartement  des roues du 4X4 n’est pas le même que celui de la remorque. Le marinheiro (que de progrès en portugnol !!) a pris le volant pour descendre Titine et des guides le hélaient au fur et à mesure pour le diriger. Séquence émotion quand la voiture ne freinait pas bien et que les planches devaient être réajustées dans l’immédiat. J’ai bien cru que Titine finirait ses jours au fond d’un bras de l’Amazone. Une fois à bord il a fallu se frayer un passage et grogner sévèrement pour avoir son carré de place. Plus de place à l’étage, réservé aux hamacs, plus de place en bas non plus. Nous nous sommes installés à l’arrière du bateau avec vue sur la cuisine, la « salle à manger » ( 4 places autour d’une table bancale où seront servis les repas tout au long de la journée, les deux banheiros  (chiotte/douche aussi petit qu’au formule 1 mais beaucoup plus cracra…) et surtout, surtout, vue et prise de son incontournables sur le moteur qui propulse l’embarcation à une vitesse raisonnable sur le fleuve. J’ai toujours rêvé de voir un concert des Tambours du Bronx, je crois que maintenant je suis vaccinée ! 36 heures à cette quantité de décibels je ne suis pas sûre de m’en remettre. Nous avons malgré tout réussi à dormir dans nos hamacs au bout du pont. En pleine nuit un raffut incroyable nous a sortis de notre léthargie, des petites tapouilles se sont collées à notre « Aliança com Deus » (non, je n’invente rien !) et ont transbordé des centaines de paniers en osiers et caisses de graines de wassaï. Business is business !

Par Youna
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